Septembre, octobre, novembre : l'autre saison de la marche
La randonnée en France se pratique toute l'année, et chaque saison a son caractère : le printemps et ses sentiers qui se réveillent, l'été et ses grandes journées de marche jusqu'à fin août. Voici ce qui change à partir de septembre, et comment en profiter.
Chez Safrantours, nous programmons des départs d'avril à octobre depuis 30 ans. Nous avons donc parcouru ces itinéraires à toutes les périodes, et nous savons ce que chacune apporte. L'arrière-saison a ses caractéristiques propres, ses rendez-vous, et quelques particularités qu'il vaut mieux connaître avant de réserver.
Ce qui change à partir de septembre
Les températures s'adoucissent. C'est ce qui se remarque en premier, et cela modifie la forme d'une journée. Le milieu de l'après-midi n'est plus à ménager. On repart après le déjeuner, on s'assoit au bord d'une rivière parce que rien ne presse, et l'on arrive à l'étape sans avoir cherché l'ombre tout au long du chemin.
La température de l'eau est à son maximum. L'air se réchauffe vite et se refroidit vite. La mer, les lacs et les rivières mettent des semaines à emmagasiner la chaleur — et autant à la restituer. C'est ce décalage qui offre à l'Atlantique et à la Méditerranée leur température la plus douce de l'année, entre la fin août et la mi-septembre. Une baignade en fin d'étape reste possible bien plus tard qu'on ne l'imagine.
Les ciels se stabilisent en montagne. Les orages de fin de journée s'espacent. Les après-midi cessent d'être une course contre le nuage qui monte. Rien n'est jamais garanti en altitude, mais les fenêtres s'élargissent.
La faune se montre. De la mi-septembre à la mi-octobre, le brame du cerf monte des forêts à l'aube et au crépuscule. On l'entend longtemps avant de comprendre ce que c'est. C'est aussi la saison des grandes migrations, qui passent en rangs serrés au-dessus des cols pyrénéens, et celle de la transhumance descendante : dans les Alpes, les troupeaux quittent les alpages et traversent les villages en cortège, cloches en tête.
Les couleurs arrivent. Fin septembre en altitude, courant octobre plus bas. Les mélèzes virent au jaune, les hêtres au roux, les châtaigniers à l'or. Sur les causses, la lumière se couche presque à l'horizontale et allonge toutes les ombres. Les photographes le savent.
Et le rythme change. Après la rentrée, les chemins les plus fréquentés retrouvent leur souffle. On avance à sa vitesse, on s'arrête où l'on veut. On s'entend marcher.
Le calendrier de l'arrière-saison, semaine par semaine
C'est la question qui revient le plus souvent au téléphone. Chaque quinzaine a ses avantages et ses contraintes.
Fin août (à partir du 17). Encore les vacances scolaires, mais quelque chose se détend après le week-end du 15. Tout est ouvert : hébergements, refuges, terrasses, marchés. C'est la dernière quinzaine au tarif d'été.
Du 1er au 15 septembre. Une fenêtre confortable, qui réunit deux avantages rarement donnés ensemble : tout est encore ouvert, et les sentiers sont déjà calmes. La lumière commence à s'incliner. Selon les séjours, la période bascule en tarif basse saison. Les premières vendanges démarrent dans le Sud et en Alsace.
Du 15 au 30 septembre. Les refuges d'altitude commencent à fermer. Le brame débute. En montagne, les mélèzes s'embrasent. Le soleil se couche vers vingt heures : les longues étapes demeurent confortables.
Octobre. Le mois des couleurs. Les causses, la moyenne montagne et le littoral atteignent leur plus belle lumière. Deux choses à savoir : la nuit tombe vers dix-neuf heures en début de mois, et le passage à l'heure d'hiver, le dernier dimanche, l'avance d'un coup à dix-sept heures trente. On règle alors ses étapes pour arriver avant seize heures — et l'on redécouvre le plaisir des fins de journée au coin du feu.
Novembre. La montagne a fermé ses volets. Mais le littoral atlantique, le Sud et certains causses se marchent très bien, dans un silence que l'on ne connaît pas le reste de l'année. Nous maintenons quelques itinéraires : appelez-nous, cela se décide au cas par cas.
8 régions où marcher en arrière-saison
La Bretagne et le GR34
Le sentier des douaniers est sans doute le plus beau chemin côtier d'Europe, et l'arrière-saison lui va bien. La mer y atteint sa température la plus douce en septembre. Les ports de pêche retrouvent leur cadence. Et sur les landes d'ajoncs, la lumière rasante d'octobre accomplit un travail que la photographie ne restitue jamais tout à fait.
Dans le Finistère, notre itinéraire mène du pays bigouden à la pointe du Raz. Le bout du monde, au sens strict. Peu de dénivelé, beaucoup de vent, du sable blanc et des chapelles qui apparaissent au détour des terres.
Nous ne vous le cacherons pas : il peut pleuvoir. C'est le prix d'une côte que l'on a largement pour soi, et le ciel breton se renouvelle en un quart d'heure.
Quand y aller : de septembre à la fin octobre.
👉 La Bretagne du bout du monde, dans le Finistère
👉 La Côte de granit rose, dans les Côtes-d'Armor
👉 Le golfe du Morbihan
👉 Randonnée à Belle-île-en-mer
La Haute-Provence
Le pays de Jean Giono, qui en a écrit mieux que nous ne saurions le faire. En septembre, la lavande est coupée, les champs sont bruns et sages, et l'on marche du matin au soir sans avoir à chercher un arbre.
L'itinéraire traverse Forcalquier et Manosque, s'arrête aux Rochers des Mourres — un troupeau de pierres champignons posé au milieu d'un champ, dont la présence demeure une énigme — puis grimpe sur la montagne de Lure, où l'air reste plus frais que dans la plaine. Les figues sont mûres et les vergers portent l'odeur de la fin d'été.
Quand y aller : de septembre à la mi-octobre.
👉 Les Terres de Haute-Provence
Découvrir le Larzac et le cirque de Navacelles
Un plateau nu, sans ombre et sans eau, où le regard porte à des kilomètres. C'est exactement le genre de terrain que l'arrière-saison rend somptueux : lorsque le soleil s'adoucit, on peut marcher à découvert du matin au soir et se laisser gagner par l'immensité.
Le Larzac est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. On passe de l'aridité du causse à la fraîcheur soudaine des gorges de la Vis, on descend dans le cirque de Navacelles, on traverse La Couvertoirade et ses remparts templiers. Et l'on garde un œil levé : les vautours fauves, réintroduits dans la région, tournent au-dessus du plateau sans donner un coup d'aile.
Quand y aller : de la mi-septembre à la fin octobre.
👉 Le Larzac, Navacelles et les Cévennes
Le Quercy et les bastides albigeoises
À une heure au nord de Toulouse, un pays de causses, de rivières lentes et de bourgs médiévaux. Bruniquel, Larroque, Puycelsi, Castelnau-de-Montmirail : tous classés parmi les plus beaux villages de France, et tous accrochés à leur rocher comme s'ils craignaient d'en tomber.
L'automne y ajoute deux choses. Les vendanges du vignoble gaillacois, qui occupent tout septembre et animent les chemins du passage des tracteurs. Et une cuisine faite pour les jours frais : noix, fromages de chèvre et de brebis, canard sous toutes ses formes, vins de Gaillac et de Cahors. Une région qui donne envie qu'il pleuve un peu.
Quand y aller : de septembre à la fin octobre.
Les gorges de l'Ardèche, avec un âne
Pour les familles, le début septembre est un moment privilégié. L'eau des gorges est encore chaude, les crêtes ouvrent sur toute la vallée, et les grottes recèlent des histoires que les enfants réclament le soir venu.
L'âne se charge du reste. Il porte les sacs, il impose son tempo — plus lent que le vôtre, c'est le principe — et il transforme une randonnée en compagnonnage. Nous ne confions qu'un seul âne par famille : il faut du temps pour qu'une confiance s'installe, et cela ne se partage pas.
Quand y aller : de la fin août à la mi-octobre.
👉 Les gorges de l'Ardèche en famille avec un âne
La Drôme, entre Vercors et Provence
C'est chez nous. Notre agence est installée à Mirabel-et-Blacons, au bord de la Drôme, et nous avons repéré ces sentiers plus souvent qu'aucun autre — parfois pour le seul plaisir de vérifier qu'ils sont toujours là.
L'itinéraire descend du calcaire du Vercors vers les premières lavandes, par des villages perchés et des rivières où l'on se glisse volontiers à midi. En octobre, il arrive que la brume demeure couchée dans la vallée pendant que le soleil éclaire les hauteurs. On marche alors au-dessus d'une mer blanche, et l'on comprend pourquoi nous ne sommes jamais partis d'ici.
Quand y aller : de septembre à la mi-octobre.
👉 Les villages perchés de la Drôme
Les Pyrénées Cathares
De col en col, à 1 300 mètres de moyenne, entre forêts profondes et plateaux d'herbe rase. Montaillou et son château en ruines, les gorges de la Frau et leur peuple de rapaces, un panorama sur Montségur devant lequel on demeure un moment sans rien dire.
On marche avec un âne, et l'on achève par une nuit en refuge à 1 600 mètres. La dernière étape suit le Chemin des Bonhommes, emprunté jadis par les derniers cathares en exil. Fin août et début septembre, les myrtilliers du col de Balaguès ralentissent considérablement la progression. Vous voilà prévenus.
Quand y aller : de la fin août à la fin septembre.
👉 Les Pyrénées cathares avec un âne
Le Queyras
Les plus hauts villages d'Europe, leurs fustes en mélèze noirci par le soleil et leurs fours à pain communaux, entre 1 800 et 2 700 mètres. Marmottes, chamois, aigles royaux. Une nuit en refuge au bord d'un lac, où l'eau est glacée et où personne ne résiste à y tremper les pieds.
Une chose à savoir : à cette altitude, la fenêtre se referme tôt. Les refuges ferment entre la mi-septembre et la fin du mois. La première quinzaine de septembre constitue donc le dernier créneau de la saison — et c'est aussi le moment où les mélèzes commencent à virer, ce qui n'est pas le moindre de ses attraits.
Quand y aller : jusqu'à la mi-septembre.
👉 Randonnées dans le Queyras
👉 Les hauts villages du Queyras avec un âne
Jusqu'à quand peut-on partir ?
Tout dépend de l'altitude. C'est la première question à se poser, avant même celle de la région.
Au-dessus de 2 000 mètres, la saison s'achève autour de la mi-septembre. Les refuges ferment, les nuits deviennent nettement froides, et une chute de neige n'a rien d'exceptionnel.
Entre 800 et 1 500 mètres, on marche jusqu'à la fin octobre sans difficulté. C'est à cette période que les couleurs sont les plus belles.
Sur le littoral et dans le Sud, la saison s'étire jusqu'en novembre — à condition que les hébergeurs soient encore là. Beaucoup ferment après la Toussaint.
Un mot sur ce dernier point, car il surprend souvent. En arrière-saison, la difficulté n'est pas de trouver de la place : c'est de trouver une maison ouverte. Les hébergeurs réduisent leur capacité avant de fermer tout à fait, et une chambre libre en juillet peut avoir disparu en octobre sans que personne l'ait réservée. Plus la saison avance, plus il est sage de s'y prendre tôt.
Que mettre dans son sac
Rien de compliqué. Trois choses méritent une attention particulière à cette période.
On s'habille par couches. Un sous-pull en laine mérinos — chaud, respirant, et qui conserve sa fraîcheur au troisième jour, ce qui n'est pas un détail —, une polaire légère par-dessus, une veste de pluie imperméable et respirante. Le matin est frais, l'après-midi peut être chaud. On ajoute, on retire, on recommence.
On protège ses pieds. Chaussures à tige mid ou montante, qui tiennent la cheville et résistent à l'humidité, chaussettes en laine. La rosée du matin mouille l'herbe bien plus qu'on ne l'imagine.
On emporte une frontale. C'est l'oubli classique de l'arrière-saison. En octobre, une étape qui s'allonge d'une heure s'achève dans l'obscurité. Une frontale pèse quatre-vingts grammes et sauve une fin de journée.
En octobre et en altitude, ajoutez un bonnet et des gants fins. Ils ne serviront peut-être pas. S'ils servent, vous vous en souviendrez longtemps.
Randonner en liberté, c'est quoi exactement ?
Vous marchez seuls, en famille ou avec des amis, à votre rythme, sans guide et sans groupe à attendre. Nous nous chargeons du reste : les hébergements réservés, les bagages qui vous précèdent d'une étape à l'autre, l'itinéraire préparé et remis via notre application de guidage, et une équipe joignable si quelque chose se passe mal.
La plupart de nos séjours partent tous les jours de la semaine. Vous choisissez vos dates, nous vérifions les disponibilités.
Et si vous hésitez sur la période, appelez-nous. Nous avons parcouru ces chemins, souvent à plusieurs saisons, et nous vous dirons sans détour si la fenêtre que vous visez correspond à ce que vous cherchez.
Découvrir toutes nos randonnées pédestres Nos voyages avec un âneArticle rédigé par Yvann
Questions fréquentes
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Peut-on randonner en France en septembre ?
Oui, et c'est une période très favorable dans la plupart des régions : températures clémentes, journées encore longues, hébergements ouverts. En haute montagne, préférez la première quinzaine ; sur le littoral et dans le Sud, la saison se prolonge jusqu'en octobre.
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Fait-il trop froid pour randonner en octobre ?
Non, à condition de s'habiller par couches et de tenir compte des jours courts. En moyenne montagne et sur les causses, octobre offre les plus belles couleurs de l'année. Au-dessus de 2 000 mètres, en revanche, la saison est terminée.
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Peut-on encore se baigner en septembre ?
Oui. La mer et les rivières atteignent leur température la plus douce entre la fin août et la mi-septembre, et la baignade demeure agréable jusqu'au début octobre en Méditerranée.
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Les refuges de montagne sont-ils ouverts en septembre ?
En partie seulement. Les refuges d'altitude ferment généralement entre la mi-septembre et la fin du mois. C'est pourquoi nos séjours en haute montagne s'arrêtent à la mi-septembre, tandis que les itinéraires de moyenne montagne se poursuivent jusqu'en octobre.
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Faut-il réserver longtemps à l'avance pour partir en septembre ?
Quelques semaines suffisent en général. La contrainte n'est pas l'affluence, mais la fermeture progressive des hébergements : plus la saison avance, plus le choix se restreint.
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Quelle est la meilleure période pour randonner en France ?
Cela dépend de ce que vous cherchez. Le printemps offre les floraisons, les cascades pleines et une nature qui s'éveille. L'été donne les journées les plus longues et l'accès à la haute montagne. L'arrière-saison, elle, apporte les couleurs, la douceur et le calme des chemins. Nos itinéraires sont ouverts d'avril à octobre : dites-nous ce qui vous attire, nous vous dirons quand y aller.
